Membre du Centre de Formation et de Supervision en Institution, Didier Robin nous a quittés le 11 décembre 2020


CHER DIDIER,

Tu es parti, sans crier gare. Et si tu avais crié, personne n’aurait pu t’entendre en cette période de confinement qui rime aussi avec isolement.

Comme tu t’en doutes, la direction et tes collègues du Centre Chapelle-aux-Champs et particulièrement ceux du Centre de Formation et de Supervision en Institution sont tous sous le choc.

Nous savions que tu avais été souffrant et que ce n’était pas simple mais tu remontais la pente. Tu as frappé à la porte de l’équipe des superviseurs du groupe « Institutions » - comme on le disait alors, - en 2005.Tu m’as scotchée. Plusieurs rencontres pour ta sélection d’un côté et plusieurs étapes pour que tu puisses quitter ton emploi de l’autre. Tu as franchi tout cela avec détermination et brio. Tu voulais du travail et tu en as abattu un considérable.

Très vite, ta soif d’écriture s’est manifestée. Tu as alors pris la plume et tu as apporté ta contribution dans plusieurs ouvrages collectifs de l’équipe. Très souvent, je te cite, notamment pour les trois temps du processus de décision : le débat, la prise de décision et le suivi. Un concept limpide. Tu as enchaîné les articles et livres, seul ou avec d’autres, dont le tout dernier né paru en octobre.

Tu n’es pas d’origine française pour rien. Avec toi, ce qui se pense bien, s’énonce clairement. Ton éloquence est brillante. Comme l’évoque une ancienne collègue, tu as en tout cas bien vulgarisé la psychanalyse et apporté des idées bien intéressantes sur l'attachement.

Tu nous as inquiétés aussi. Les collègues, tous en pensées auprès de toi, ont chacun à leur manière eu à cœur de te garder une place dans le train. Tous gardent en tête ta sensibilité et ton intelligence. Lors de notre réunion fin août, tu m’as laissé un magnifique cadeau : pour une situation complexe que j’avais exposée, tu m’as dit simplement et avec conviction : « Muriel, jusqu’ici, tu as évité les embuches en étant pilote, reste pilote ». Cela me guidera toute la vie.

Merci Didier pour tes apports. Ils restent gravés au sein de l’équipe du CFSI.

Nous restons tristes pour les moments difficiles que tu as eus à traverser ces dernières années.

Nous restons bien tristes de ce départ brutal.

Merci aussi au nom de personnes que tu as côtoyées dans les équipes supervisées. A l’annonce de ton décès, beaucoup ont tenu à témoigner de la richesse de tes interventions.

Repose en paix, Didier. Ta pensée continuera de nourrir notre équipe.

 


Pour l’équipe du CFSI, Centre de Formation et de Supervision en Institution (anciennement, groupe "Institutions")

du Centre Chapelle-aux-Champs et pour le Centre Chapelle-aux-Champs, 

Muriel Meynckens-Fourez.